Le pardon  : pardonner et être pardonné  – « La vengeance du pardon » d’Eric-Emmanuel Schmitt

Je vous propose aujourd’hui une nouvelle chronique au sujet du livre « La vengeance du pardon », dernier livre d’Eric-Emmanuel Schmitt. Une très belle découverte qui me donne très envie de découvrir les précédents livres de l’auteur.

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La vengeance du pardon, d’Eric-Emmanuel Schmitt, éd. Albin Michel 

Résumé  :

Quatrième de couverture  : Quatre destins, quatre histoires où Eric-Emmanuel Schmitt, avec un redoutable sens du suspens psychologique, explore les sentiments les plus violents et les plus secrets qui gouvernent nos existences. Comment retrouver sa part d’humanité quand la vie vous a entraîné dans l’envie, la perversion, l’indifférence, le crime ?

Avis  :

Eric-Emmanuel Schmitt dans son livre « La vengeance du pardon » nous offre quatre nouvelles, quatre histoires sur l’envie, la perversion, l’indifférence et le crime à travers lesquelles l’auteur nous parle de pardon.

La première nouvelle s’intitule « Les sœurs Barbarin ». Dans la famille Barbarin, j’ai nommé les jumelles Lily et Moïsette. Moïsette, mais quelle idée d’affubler sa fille d’un tel prénom  ?! Il faut dire que les échographies n’existant pas à l’époque, leurs parents ne pensaient pas avoir deux filles en même temps et que, pris au dépourvu, ils ont donné à la deuxième née le « doux » nom de Moïsette, version féminine de Moïse, le prénom qu’ils avaient choisi pour le fils attendu. Avec un tel prénom, Moïsette commençait peut-être un peu mal sa vie.
Alors que Lily considère cette gémellité comme une force, un atout, Moïsette a contrario semble appréhender cette situation de manière tout à fait différente. Moïsette se montre maladivement jalouse vis-à-vis de sa sœur et lui témoigne rapidement une haine profonde.
Lily, compréhensive, aveuglée par l’amour qu’elle voue à sa soeur, lui pardonnera inlassablement son comportement, ses mesquineries, la méchanceté dont elle fait preuve à son encontre au quotidien.
Au fil des ans, Moïsette ne supportera plus l’abnégation dont fait preuve Lilly, le pardon qu’elle lui accorde spontanément, sans se poser de questions, uniquement au motif qu’elle l’aime du plus profond de son être.
Le pardon est parfois difficile à accepter, à admettre. Est-il plus facile de pardonner que de se faire pardonner  ?

La deuxième nouvelle s’intitule « Mademoiselle Butterly ». Il s’agit de William, un adolescent séduisant et sûr de lui, qui, poussé par la bande de copains avec qui il est parti en vacances, va tout mettre en œuvre pour séduire et obtenir les faveurs de Mandine, jeune fille au physique délicat mais qui souffre d’un important retard mental. A la fin des vacances, William retourne à Paris et oublie Mandine qu’il laisse dans ses montagnes le cœur meurtri. Quelques mois plus tard, William reçoit une lettre de Mandine dans laquelle elle lui apprend qu’elle est enceinte de lui. William lui explique qu’il n’a nullement l’intention de s’occuper de cet enfant qu’il n’a pas désiré. Mandine, portée par un amour infaillible, excuse le comportement de William et s’occupe de son fils dans l’espoir qu’un jour ce dernier reviendra vers eux. Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard que, William, devenu banquier, essaiera de tenir son rôle de père pour des raisons somme toute inavouables.

La troisième nouvelle qui a donné son titre au livre « La vengeance du pardon », un titre parfaitement adapté à cette nouvelle puisque l’auteur nous parle ici d’Elise qui a perdu sa fille unique, violée puis assassinée par un tueur en série.
Elise se rend depuis l’incarcération du meurtrier de sa fille au parloir pour lui parler. Ce choix, impensable est le seul moyen qu’elle ait trouvé pour ne pas sombrer, pour continuer à vivre alors qu’elle a enduré le pire. Comprendre les raisons qui ont poussé cette homme à commettre l’irréparable, à ôter la vie à sa fille, représente sa seule bouée de sauvetage.
Une nouvelle sur la rédemption, sur la puissance du pardon, sur ce que le pardon implique pour celui qui pardonne mais aussi pour celui à qui l’on pardonne.

La dernière nouvelle intitulée « Dessine-moi un avion » fait référence comme le titre l’indique au livre de Saint-Exupéry « Le petit Prince ». C’est l’histoire d’une petite fille, Daphné, qui fait la connaissance de son voisin, un vieil homme de quatre-vingt-douze ans, ancien aviateur à qui elle demande tout d’abord de lui dessiner un avion « Dessine-moi un avion » lui dit-elle. De fil en aiguille, la petite Daphné lui demandera de lui lire l’histoire du « Petit Prince » de Saint-Exupéry. Cette célèbre histoire va faire ressurgir de vieux souvenirs chez le vieil homme, souvenirs qu’il a occultés pour ne pas faire face à un passé dont il n’est pas forcément très fier.
Mais est-il aisé de se pardonner à soi-même  ?

J’ai été séduite par les quatre nouvelles, aucune ne m’a laissée insensible, toutes traitent la question du pardon sous différents aspects avec originalité et finesse mais les trois premières se sont tout de même démarquées « Les sœurs Barbarin », « Mademoiselle Buttefly » et « La vengeance du pardon ».
A noter que j’avais deviné dès les premières pages la fin de la nouvelle que j’ai préférée «  Les sœurs Barbarin  » et que cela ne m’a aucunement gênée, bien au contraire, puisque l’histoire correspond à ce que j’avais imaginé.

Bien qu’il s’agisse de nouvelles, certes assez longues mais de nouvelles tout de même, l’auteur dépeint, ce qui n’est pas aisé dans ce type de format, les personnages avec finesse et parvient à leur donner vie.

La vengeance et le pardon cohabitent dans chacune des nouvelles. Dans chacune des histoires, certains personnages doivent opter pour la vengeance ou le pardon, les deux parfois car le pardon se révèle être parfois la pire des vengeances. Par le biais de ses nouvelles, l’auteur nous fait prendre conscience que s’il est parfois difficile de pardonner, il est parfois tout aussi difficile voire plus difficile d’accepter le pardon que l’on nous accorde et de se pardonner à soi-même.

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