Paranoïa – « La menace » de S.K. Tremayne

Après avoir lu le précédent livre de Sean Thomas, écrit sous le pseudonyme de S.K. Tremayne « Le doute » je n’attendais qu’une chose, qu’il écrive une nouvelle pépite dans laquelle je m’empresserais de me plonger. C’est chose faite puisque l’auteur a sorti il y a quelques jours de cela un second livre intitulé « La menace » qui est un gros coup de cœur. Je vous en parle plus amplement après un petit résumé  !

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La menace, de S.K. Tremayne, éd. Presses de la Cité

Résumé  : 

Quatrième de couverture  : Quand Rachel épouse David Kerthen, un bel et brillant avocat, elle n’en croit pas sa chance. Loin de Londres et des années de vache maigre, elle découvre les joies de la vie de famille auprès de l’affectueux petit garçon de son mari, Jamie. Au coeur des Cornouailles, dans un manoir surplombant les déchirures de la côte et l’Océan impétueux, elle joue déjà à la châtelaine.

Mais le conte de fées se ternit vite : le souvenir de Nina, la première épouse de David, disparue deux ans auparavant, hante encore les couloirs de cette demeure séculaire. Et peu à peu son petit Jamie adopte vis-à-vis de Rachel un comportement inquiétant, prophétisant l’avenir et niant certaines réalités. Qu’est-il arrivé à Nina ? Que cache le sourire du séduisant avocat ? Et Rachel, que vient-elle faire dans cette histoire ? Tandis que la suspicion commence à ronger le jeune couple, Jamie prédit à Rachel qu’elle mourra à Noël…

Avis  : 

S.K. Tremayne semble ne jurer que par les huis-clos, des huis-clos dans lesquels les maîtres mots sont folie et paranoïa. Tout ce que j’aime !

Après seulement deux mois de relation, Rachel vient d’épouser un riche et séduisant avocat David qui a perdu sa première épouse Nina dans des circonstances pour le moins tragiques. Par une froide soirée de décembre, cette dernière aurait fait une chute mortelle en tombant dans un des puits de la mine qui jouxte le manoir. Rachel qui menait jusqu’alors une existence monotone avec un emploi qui lui permettait à peine de joindre les deux bouts, un logement situé dans les quartiers défavorisés et glauques de Londres se retrouve propulsée châtelaine, comblée comme jamais elle ne l’aurait imaginé. Si dans les premiers temps Rachel semble profiter de sa nouvelle vie de bourgeoise, s’appropriant les lieux, sa nouvelle résidence somptueuse, elle va vite déchanter. Son beau-fils Jamie auquel elle voue un amour proche de celui d’une mère n’a jamais vraiment fait le deuil de la mort de sa mère et semble très perturbé. Semblant détenir un don de divination tels que ses aïeuls avant lui d’après une légende ancrée depuis des générations, il prédit à Rachel une fin tout aussi tragique que celle de sa propre mère puisque selon ses dires, elle devrait mourir le jour de Noël. Quid de cette révélation, est-elle le fruit d’un esprit torturé, possède-t-il vraiment un pouvoir prophétique, dissimule-t-il des choses sur les circonstances de la mort de sa mère qui pourraient expliquer rationnellement son présage  ?

Je tire mon chapeau à l’auteur pour sa capacité à donner vie aux lieux qui occupent d’ailleurs une place prépondérante dans ses livres, c’était déjà le cas dans son précédent livre « Le doute » et ça l’est ici aussi. J’ai eu l’impression de me promener dans ces paysages de Cornouailles qui inspirent tout à la fois la fascination et l’hostilité. J’ai visualisé tout au long de ma lecture les mines d’étain et de cuivre qui jalonnaient le bord de falaises menaçantes, leurs hautes cheminées avec cette sensation que la mort rôde autour de ces vestiges au passé glorieux pour ceux qui les ont exploitées, funeste pour ceux qui y ont travaillé. Calant mes pas sur ceux de Rachel, j’ai parcouru ce manoir avec ses pièces démesurées, ses couloirs lugubres dont il émanait richesse, prospérité mais dont les stigmates d’une tragédie passée semblaient imprégner les murs.

Je dois vous avouer que la peur m’a parfois étreinte lorsque je lisais ce livre dans mon lit le soir car l’auteur réussit avec brio à mon sens à transmettre les peurs et inquiétudes qui envahissent le personnage principal Rachel, les doutes aussi qui l’assaillent la faisant plonger peu à peu dans une paranoïa destructrice.

« La menace » est un livre oppressant dans lequel l’auteur ne laisse aucun répit au lecteur qui le lit quasiment en apnée, se demandant sans cesse ce que sera la suite des événements, si une nouvelle tragédie se profile à l’horizon.

Au fur et à mesure que le doute va s’installer chez notre personnage principal, il va aussi envelopper le lecteur, s’instiller en lui. Ce doute tenace qui prend aux tripes pourrait bien faire voler en éclats toutes leurs certitudes mais je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir  !

J’aime aussi le recours de l’auteur à des manifestations surnaturelles, paranormales sans qu’en fait il soit vraiment question de tels phénomènes trouvant une explication totalement rationnelle et donc plus crédible.

La comparaison est faite sur la quatrième de couverture avec le célèbre livre de Daphné du Maurier « Rebecca » et il est vrai que la comparaison est de circonstance, les prémices de l’histoire pouvant y laisser largement penser. Passé le début, les similitudes s’arrêtent laissant place à deux histoires qui empruntent des chemins totalement différents.

L’auteur planche apparemment déjà sur son troisième livre qui devrait être tout aussi effrayant si ce n’est plus et vous l’aurez compris, je serai évidemment au rendez-vous.

Je vous en conjure Monsieur Tremayne, ne me faîtes pas languir trop longtemps, j’ai déjà hâte de vous lire à nouveau  !

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