Qui a tué Katie MacKey ? – « Cet été-là » de Lee Martin

Je vous parle aujourd’hui d’un thriller psychologique sélectionné en 2006 pour le prestigieux prix Pulitzer que j’ai pu lire grâce à la Masse critique Babelio ainsi que les éditions Sonatine.

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Cet été-là, de Lee Martin, éd. Sonatine

Résumé  :

Quatrième de couverture  : Tout ce qu’on a su de cette soirée-là, c’est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu’elle n’était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l’Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l’enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n’a jamais su ce qui était arrivé à Kathy.

Que s’est-il réellement passé cet été là ?

Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent.

Le frère de Katie, son professeur, la veuve d’un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient.

Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd’hui encore, qui manipule qui ?

Avis  :

Par une chaude soirée d’été chaude et suffocante dans une petite ville de L’Indiana, Katie MacKey, neuf ans prend son vélo rouge et se rend à la bibliothèque pour rendre les livres qu’elle avait empruntés. Cette petite fille qui circulait sur son petit vélo plus personne ne la verra, il ne restera plus d’elle que les souvenirs indélébiles d’une petite fille joyeuse qui avait toute la vie devant elle.

Quelque trente années plus tard, plusieurs personnages ayant pris part de près ou de loin à l’affaire se souviennent.

Il y a d’abord et surtout Monsieur Henry Dees, professeur de mathématiques qui occupe son temps libre à dispenser des cours de soutien aux enfants de la ville dont la petite Katie. Il s’agit d’un homme solitaire que l’on sollicite pour les miracles qu’il fait auprès des enfants mais que l’on tient aussi à l’écart. Il y a Clare qui a perdu quelques années avant les faits son époux et qui pour ne pas finir ses jours seule a épousé en seconde noces un homme au passif peu reluisant. Mais il y aussi le fameux second mari de Clare, Raymond R. dont on a l’impression qu’il porte toutes les misères du monde sur ses épaules. Parmi ceux qui se souviennent il y a aussi un autre personnage important, Gilley, le frère aîné de Katie qui d’une certaine manière s’est toujours senti responsable de la disparition de sa petite sœur.

Même si elle n’est pas identique, la structure de ce livre m’a fait penser à celle de l’un des livres de Jacques Expert «  Qui  » dans lequel nous savions d’entrée de jeu que l’un des protagonistes que nous suivons sur la base d’une alternance de chapitres était coupable du meurtre quelques années plus tôt d’une fillette sans savoir lequel, la vérité nous étant révélée à la toute fin. La similitude s’arrête là car l’auteur dans le livre évoqué ci-dessus jouait également sur l’anonymat de chacun des personnages et des ressemblances entre ces derniers. Peut-être ne trouverez-vous aucune ressemblance entre ces deux livres et ces deux constructions si vous avez les avez lus mais elle m’a sauté aux yeux et je ne pouvais pas ne pas l’évoquer. Revenons maintenant au livre qui nous intéresse «  Cet été-là  ».

Lee Martin parvient à imprégner le lecteur de l’atmosphère qui règne dans cette petite ville où presque tout le monde se connaît, une petite ville dans laquelle beaucoup de gens doivent leur travail à celui qui a su faire fortune en ces lieux, un homme respecté et respectable qui n’est autre que le père de la petite Katie.

On prend conscience de l’envie, de la jalousie qu’il peut susciter mais aussi de la rancoeur lorsqu’il doit prendre la décision de renvoyer l’un de ses employés. Des sentiments qui peuvent conduire au pire…

« Cet été-là » est un thriller retors dans lequel bien que l’on sache pertinemment que l’un des protagonistes est responsable de la disparition de Katie, que l’un d’eux nous mène peut-être par le bout du nez, un sentiment de compassion voire de tendresse nous envahit. Une ambivalence de sentiments que l’auteur crée et avec laquelle il joue, non pas qu’il veuille duper son lecteur, lui faire aimer les personnages pour qu’il les déteste encore plus à la fin mais plutôt lui faire prendre conscience que tout n’est pas aussi évident qu’il y paraît, qu’il ne faut pas aborder les choses de manière trop manichéenne.

Bien qu’il s’agisse d’une thème maintes fois abordé, l’auteur par cette construction originale a su insuffler à ce roman un petit vent de renouveau.

Chacun des protagonistes va nous livrer au compte-goutte ce qu’il sait, ce à quoi chacun d’eux a pris part, les regrets qui ne les ont jamais quittés, les doutes qui se sont insinués en eux, les certitudes qu’ils ont eu et dont ils ont parfois fait fi pour ne pas affronter la réalité, leur part de responsabilité dans cette disparition. Il faudra donc attendre les dernière pages pour découvrir la vérité sur les circonstances de la disparition de Katie MacKey car si les personnages se souviennent, ils ne nous livreront pas aussi facilement que l’on croit, chacun voulant jusqu’au bout s’arranger avec la vérité qu’ils ne sont pas forcément prêts à affronter.

« Si vous voulez écouter, vous allez devoir me faire confiance. sinon refermez ce livre et retournez à votre vie. Je vous préviens: cette histoire est aussi dure à entendre qu’elle l’est pour moi à raconter. »

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