Obsession – « La chambre d’ami » de James Lasdun

Je vous présente aujourd’hui un livre que j’ai eu la chance de lire en avant-première, il s’agit de « La chambre d’ami » de James Lasdun qui paraîtra le 9 mars prochain aux éditions Sonatine.

Je tiens d’ailleurs à remercier les éditions Sonatine qui ont eu la gentillesse de me le faire parvenir.

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La chambre d’ami, de James Lasdun, éd. Sonatine

Résumé  :

Quatrième de couverture  : Imaginez un cadre de rêve : une luxueuse résidence d’été au milieu des montagnes.

Placez-y un trio de personnages troubles : Charlie, un riche banquier new-yorkais, sa femme Chloe et Matthew, le cousin de Charlie, un cuisinier dont l’existence part un peu à la dérive.

Le décor est posé, les pièces sur l’échiquier. En dire plus serait criminel.

Passion, drame, trahison, adultère, meurtre : rien ne manquera à votre plaisir.

Avis  :

« La chambre d’ami » est un roman à part, à l’atmosphère lourde et pesante, parfois suffocante à l’image de ces journées d’été moites qui rythment les vacances de nos trois protagonistes Charlie, Chloe et Matthew.

Charlie est un riche banquier new-yorkais qui après avoir essuyé des déboires professionnels, décide de se lancer dans le micro-crédit éthique.

Chloe est une épouse entretenue, photographe à ses heures perdues qui aime se prélasser au soleil au bord de l’eau.

Matthew, le cousin de Charlie, a vu sa vie s’en aller à vau-l’eau après que son père, banquier, ait détourné l’argent de ses clients puis disparu sans laisser de traces jusqu’à ce qu’il soit déclaré mort sept ans après sa disparition, délai légal pour déclarer un individu mort sans que sa mort ait pu être prouvée. Cuisinier de profession mais actuellement sans emploi, il aimerait enfin réussir dans le monde de la restauration en surfant sur la vague des food trucks en y ajoutant une touche gastronomique.

Charlie a invité son cousin Matthew à passer les vacances d’été avec sa femme et lui dans sa maison secondaire située dans les montagnes des Catskills, un lieu où se côtoient bobos et hippies.

Dans cette luxueuse maison d’été, Matthew n’a pas beaucoup d’occupations et se retrouve livré à lui-même. Alors que Charlie multiplie les allers-retours à New-York pour les besoins de son travail, Chloe, elle, lézarde la plupart du temps au soleil quand elle n’est pas à ses cours de yoga. S’il met ses talents de cuisinier au service de son cousin et de son épouse Chloe en échange de cette invitation gracieuse, il passera le plus clair de son temps à épier Chloe qui exerce sur lui depuis de nombreuses années une certaine attractivité.

Bien qu’ayant conscience que les sentiments qu’il éprouve à son égard sont moralement répréhensibles et qu’ils ne doivent rester que de l’ordre du fantasme il ne pourra se résoudre à ne pas l’espionner de manière quasi-obsessionnelle jusqu’à découvrir que ces vacances ne se passent finalement pas à trois mais à quatre.

Dès lors, un sentiment de jalousie s’emparera de Matthew, un sentiment de jalousie incongru qui ne fera qu’accroître son obsession pour elle.

A partir de là tout va basculer et ces vacances idylliques qui auraient dû se passer sous les meilleurs auspices ne feront que mettre en exergue d’anciennes rancoeurs et rivalités. Un malaise croissant va s’instiller au fur et à mesure au sein de ce petit groupe.

Chacun des personnages semblent dissimuler de sombres secrets, des secrets dont on ne connaît pas la teneur mais dont on sait pertinemment qu’ils conduiront à une fin inéluctablement tragique.

On pourrait reprocher à l’auteur de trop s’appesantir sur le monde de la finance et les mécanismes financiers, des notions qui ne m’ont pour ma part pas gênée mais qui pour un non-initié peuvent sembler quelque peu rébarbatives et freiner de fait la lecture.

Un livre à mi-chemin entre le thriller psychologique et le roman dramatique dans lequel l’auteur a fait le choix d’un rythme lent, rythme qui ne dessert absolument pas le récit mais qui vient au contraire parfaire ce sentiment d’oppression et de tension qui nous étreint tout au long de ce récit à la fin troublante.

Un style littéraire que je rapprocherais du cinéma d’auteur si je devais faire le parallèle avec l’univers cinématographique où l’atmosphère prend le pas sur les dialogues, une atmosphère, une mise en scène qui à elles seules donnent une puissance toute particulière.

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