Dilemme – « Nous allons mourir ce soir » de Gillian Flynn

Nouvelle chronique avec une nouvelle signée de l’un des maîtres du thriller psychologique, j’ai nommé Gillian Flynn « Nous allons mourir ce soir ».

Résumé  : 

Après une enfance difficile, la narratrice anonyme devient travailleuse du sexe. Des années d’expériences ont développé chez elle un véritable don pour décrypter la psychologie de ses interlocuteurs, leurs intentions et leurs envies. Aussi lui arrive-t-il d’officier occasionnellement comme voyante. Lorsqu’elle rencontre Susan Burke, une femme aisée aux prises avec une situation dramatique, elle accepte de l’aider.

Susan et sa famille ont emménagé à Carterhook Manor, une vieille demeure inquiétante, marquée par une violente histoire vieille de cent ans. Sur place, la narratrice rencontre Miles, le beau-fils de sa cliente, un adolescent au comportement étrange et glaçant. Saura-t-elle découvrir toute la vérité sur Carterhook Manor et la famille qui l’habite désormais ?

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Nous allons mourir ce soir, de Gillian Flynn, éd. Sonatine

Avis  : 

Si je trouve que l’écriture d’une nouvelle est un exercice périlleux pour un auteur tant il est difficile de faire s’immerger et s’imprégner le lecteur en très peu de pages, il me semble également très difficile d’en parler en tant que lecteur. Le format qui impose aux événements une certaine concision mais aussi un enchaînement rapide fait qu’il s’avère difficile d’en parler sans trop en dévoiler ou au contraire ne pas assez en dire.

Je me lance donc en espérant vous donner envie de découvrir ou de retrouver avec cette nouvelle  Gillian Flynn, auteur de thrillers psychologiques de talent à qui l’on doit notamment l’excellent livre « Les apparences » qui a fait par la suite l’objet d’une adaptation cinématographique très réussie cela dit en passant.

L’auteur commence cette courte nouvelle en nous contant une histoire assez crue, tout du moins en employant un langage assez cru et direct qui m’a quelque peu décontenancée et qui m’a fait me demander dans quoi l’auteur voulait nous embarquer. Cette histoire c’est celle de la narratrice qui travaille au sein d’un salon de chiromancie, un salon qui sert de façade à l’arrière-boutique dans laquelle il est pratiqué une tout autre activité illégale et moins soft  « la branlette  à la chaîne ».

Notre narratrice  maître en la matière, pratique cette seconde activité à longueur de journée quand après des années d’un travail «  acharné  », elle se retrouve atteinte du syndrome du canal carpien. Alors qu’elle se voit dans l’obligation de mettre fin à cette activité, sa patronne, lui propose de passer à l’avant de la boutique et de se lancer dans les arts divinatoires. C’est alors qu’elle fait la rencontre de Susan Burke, jeune femme aisée qui semble en proie à une peur indicible. Cette peur, elle l’impute à son beau-fils Miles, adolescent au comportement étrange et menaçant. Cette dernière demande à notre narratrice de l’aider à y voir plus clair, de se rendre jusque dans le manoir qu’elle occupe théâtre jadis, d’événements tragiques.

Pour connaître la suite des événements, il vous faudra vous plonger dans cette nouvelle à l’atmosphère lourde, suffocante par moment. L’auteur nous captive avec cette histoire des plus sombres où se mêlent avec maîtrise suspense et fantastique, un livre placé sous le signe de la paranoïa.

Seul regret, que la fin reste en suspens, qu’on ne puisse pas démêler le vrai du faux. J’ai un peu de mal avec les fins ouvertes, choix derrière lequels j’ai l’impression que les auteurs se retranchent lorsqu’ils n’ont pas su trouver de fin convaincante. Si j’aime les livres dont les fins sont ouvertes mais qui font cogiter, qui poussent le lecteur à réfléchir aux événements qui les ponctuent pour trouver la solution (tels que l’excellent « Shutter Island » de Dennis Lehane), j’ai un peu de mal avec ceux qui n’offrent aucun moyen d’en déterminer les tenants et les aboutissants.

Je vous le disais au début de ma chronique, il n’est pas évident d’embarquer un lecteur en si peu de pages, c’est un pari pour un auteur que d’entreprendre un tel exercice et malgré le petit bémol mentionné ci-dessus, Gillian Flynn a su relever le pari haut la main.

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2 commentaires

    1. C’est vrai que le prix est un peu excessif pour une seule et unique nouvelle. Pour deux euros de moins, j’ai lu 13 nouvelles avec le recueil des restos du coeur. Après la couverture est cartonnée ce qui doit être avancé pour justifier ce prix.

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